Marcel Proust à Beg-Meil
LE LIVRE

 

 

 

 

 

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« Belle découverte littéraire et patrimoniale. » STÉPHANE BERN.

 

À PROPOS DU LIVRE :

Extrait de LA MER EST ROSE, VERTE ET D’ARGENT
par PHILIPPE BLAY (Conservateur en chef à la Bibliothèque nationale de France) :

« Le long séjour à Beg-Meil que Marcel Proust fit en compagnie de Reynaldo Hahn, à l’automne 1895, constitue une enclave inattendue dans la vie policée de ces deux citadins, peu habitués à un mode de vie véritablement campagnard. […] il y eut pour eux un miracle Beg-Meil, dû au microclimat du pays de Fouesnant, où les pommiers côtoient la mer, où la qualité de la lumière est singulière et le coucher du soleil incandescent, où l’odeur des fruits se mêle à celle des algues et des eaux. […] C’est à la recherche de ce temps d’arrêt poétique entre l’écrivain et le musicien que nous convie Philippe Dupont-Mouchet, guide attentif de leur mémoire partagée. »

Extrait de CE TEMPS QUI S’ARRÊTE POUR MIEUX VOUS HABITER
par DAN AR BRAZ
(guitariste auteur-compositeur-interprète) :

« Ce séjour de Marcel Proust à Beg-Meil me “voyage” vers ma propre enfance pas très loin de là, à Bénodet. Ce que tous ses sens ont ressenti résonne dans mon esprit au cœur de mes propres nostalgies. […] Quel pays magnifique décrit-il, quelle paix retrouvée à l’ombre des pommiers au chevet de la mer. Les parfums, la bienveillance et ce temps qui s’arrête pour mieux vous habiter. […] Ce témoignage sur le séjour de Marcel Proust à Beg-Meil est un bel hommage à cet “ici” qui est le nôtre. »

 

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L’auteur, Philippe Dupont-Mouchet.

 

« Un pays enchanteur… terre de beauté…
mélange de poésie et de sensualité…
la plus noble et délicieuse chose que je connaisse…
j’adore Beg-Meil… où il est exquis de vivre.
»
Marcel Proust.

Marcel Proust a séjourné à Beg-Meil (pays de Fouesnant, Finistère Sud) du 8 septembre au 27 octobre 1895. Le souvenir de ce petit pays de Basse-Bretagne ne le quittera jamais.

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Marcel Proust, photographié par Otto Wegener (été 1895).

Ce livre redonne corps à cette histoire oubliée par un enchâssement de la correspondance de Marcel Proust (et de Reynaldo Hahn) dans des fragments du roman Jean Santeuil (écrit en partie à Beg-Meil, première esquisse de À la recherche du temps perdu) et par une enquête minutieuse à travers de nombreux documents. De cet assemblage résulte un témoignage véridique, ponctué d’évocations pittoresques de Beg-Meil par la plume de Proust lui-même.

Cet ouvrage est largement illustré (dont des documents rares ou inédits) : manuscrits, lettres, photographies anciennes (restaurées et colorisées).

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Promenade sur les pas de Marcel Proust à Beg-Meil.

En complément du récit, il vous est proposé de faire une promenade sur les pas de Marcel Proust en suivant les indications d’un parcours de 2,77 km/aller.

 

Le 4 septembre 1895, Marcel Proust et son ami, le compositeur et chef d’orchestre Reynaldo Hahn, se délient des glaces de la vie mondaine parisienne en partant pour le sud de la Bretagne. Ils font étape à Auray, Quiberon, Belle-Île-en-Mer, Concarneau et après ce long périple arrivent à Beg-Meil le dimanche 8 septembre 1895.

Marcel Proust et Reynaldo Hahn descendent à l’Hôtel Fermont que Proust présente ainsi : « Une sorte de ferme transformée en hôtel où l’on dine en plein air, sous les pommiers qui laissent voir la mer entre leurs branches, n’est guère fréquentée que par quelques peintres qui toute la journée se promènent sur la mer ou peignent à des lieues. »

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Beg-Meil, la terrasse de l’Hôtel Fermont.

Pour le respect de l’intimité des deux amis, ils sont logés  dans une annexe à cent mètres du principal corps de bâtiment.

Proust écrit : « la seule chose que le poète puisse demander aux autres […] [il] l’avait trouvée tout naturellement dans cette petite auberge de Bretagne. »

Proust écrit ses impressions sur les paysages : « Beg-Meil, les pommiers y descendent jusqu’à la mer et l’odeur du cidre se mêle à celle des goémons. Ce mélange de poésie et de sensualité est assez à ma dose ». « je suis maintenant à Beg-Meil. Lieux charmants où les pommes mûrissent presque sur les rochers ». « À cinquante mètres du sémaphore, c'est-à-dire de l’extrémité de la presqu’île, les pommiers cessent. Le sol, déjà couvert du sable de la grève voisine et d’une herbe courte, étouffe le bruit des pas. Partout des fougères et des chardons brulés par le soleil… Le sémaphore de Beg-Meil est situé à l’extrémité de cette presqu’île et regarde à gauche de la baie de Concarneau [baie de La Forêt] qui la baigne à l’ouest, en face de lui et à droite de l’océan qui la baigne à l’est, “la grande mer“ comme on dit là-bas par opposition à la baie, mais dont les îles Glénan qu’on voit du sémaphore ont brisé la force et dont l’eau vient mourir là presque aussi douce que l’eau dormante de la baie. »

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« Beg-Meil est une presqu’île fertile et douce », manuscrit autographe.

Hahn conclut : « Beg-Meil est le seul endroit qui me plaise vraiment de tous ceux que j’ai vus en Bretagne. […] nous avons vu ici des couchers de soleils prodigieux et bien d’autres merveilles. Mais ici seulement, où nous sommes venus par hasard ! »

Au cours des années, Proust écrit sur Beg-Meil.

1903 : « Beg-Meil est un clos de pommiers dévalant jusque dans la baie de Concarneau qui est la plus noble et douce et délicieuse chose que je connaisse. »

1904 : « J’adore Beg-Meil […] où il est exquis de vivre. »

1912 : « Il est vaguement question que je loue en septembre une maison dans le petit Beg-Meil ». Il veut revoir Beg-Meil : « il faudrait qu’avant cinq minutes je puisse y être. […] une sorte de pays enchanté ». Il n’y retourne pas, comme il l’explique en 1914 : « Ces endroits paisibles ne sont pas accessibles aux gens comme moi qui ne peuvent faire de longs trajets en chemin de fer. »

 

« Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur,
elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries.
»
Marcel Proust.

Marcel Proust à Beg-Meil permet aussi de comprendre l’affection qui lie Marcel Proust et Reynaldo Hahn.

Proust rencontre ce compositeur et chef d’orchestre en 1894. L’admiration est immédiate, Proust dit de Hahn : « la plus enchanteresse voix que j'aie jamais entendue. » et Hahn dit de Proust : «  un garçon charmant, un littérateur qui, stupéfait de voir un musicien sachant parler littérature […] m’a pris en grande tendresse ». « il me fait assister perpétuellement au rayonnement d'une intelligence incomparable et d'un cœur d'or. »

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Marcel Proust et Reynaldo Hahn (1895).

Marcel et Reynaldo vivent une passion qui atteint son sommet en 1895. Au retour de Beg-Meil, Proust déclare ses sentiments à Hahn : « Mon cher petit, J'accepte tout puisque c'est pour vous le rendre, et cette partie de ma vie intérieure que je vous donne – et qu'avant de vous la donner je vous devais – si je puis croire qu'elle vaut quelque chose, je me réjouis deux fois. Je voudrais être maître de tout ce que vous pouvez désirer sur la terre pour pouvoir vous l'apporter – auteur de tout ce que vous admirez dans l'art pour pouvoir vous le dédier. » « Tu es bien gentil et je t'aime infiniment. »

Dès lors, Hahn occupe une place primordiale dans la vie de Proust : « vous vraiment la personne qu’avec Maman j’aime le mieux au monde. » « Ô mon petit Reynaldo, ô ma grande affection dans la vie ».

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Reynaldo Hahn, photographié par Paul Nadar (vers 1906).

Leur lien intime permet à Hahn de se rendre chez Proust sans devoir se faire annoncer, il est le seul, comme l’explique Proust en 1910 : « Je ne laisse entrer personne, pas même mon médecin. Le seul être que je vois quelquefois est Reynaldo parce qu'il vient constamment à des heures indues, qu'une fois sur six j'ai fini ma fumigation et cette fois-là le laisse entrer, parce qu'il est si habitué à mon mal, reçoit mes réponses à ses questions, sur un petit papier si je ne peux parler ».

En 1911, nous découvrons que la tendresse de Proust pour son fidèle compagnon va jusqu’au transfert : « je ne peux pas dire que je pense souvent à toi, car tu es installé dans mon âme comme une de ses couches superposées et je ne peux pas regarder du dedans au-dehors ni recevoir une impression du dehors au-dedans, sans que cela ne traverse mon Binchnibuls [Hahn] intérieur devenu translucide et poreux. »

En 1912, Proust déclare à Hahn : « je n’aime que vous. » Il lui propose de vivre avec lui : « Est-ce que tu ne conviens pas que nous achetions un hôtel historique où tu représenterais dans un étage et moi l'autre ».

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Marcel Proust, photographié par Jean-Louis Vaudoyer (Jardin des Tuileries, mai 1921).

En 1922, quelques jours avant la mort de Proust, Hahn lui écrit : « mon ami le plus cher, […] une des personnes que j’aurai le plus aimées dans ma vie. »

Le 18 novembre 1922, le soir de la mort de Proust, Hahn reste près de lui, il suit son agonie. Il passe la nuit près de la dépouille de l’écrivain, puis le veille pendant trois jours avant les obsèques.

En avril 1945, malade, Reynaldo Hahn utilise sa dernière contribution au Figaro pour rendre hommage à Marcel Proust : « Des critiques de grande intelligence et de grand savoir ont analysé avec perspicacité l’œuvre, le génie et l’âme de Marcel Proust, et il y a dans leurs écrits beaucoup à retenir. Mais certains phénomènes de cette personnalité probablement unique ne seront expliqués que lorsqu’il nous sera donné de pénétrer plus avant dans les mystères du monde inconnu qui nous entoure – qui nous régit peut-être – de ce monde qui, en dépit de lueurs et d’éclaircies de plus en plus fréquentes, nous demeure encore fermé, et auquel Marcel appartenait bien plus qu’à notre monde visible, palpable et accessible aux investigations de la connaissance humaine. »

 

 

252 pages,  format 11 X 18 cm, sur papier 80g.


Marcel Proust à Beg-Meil est imprimé en France de façon responsable,

le livre est issu de forêts gérées durablement et de sources contrôlées

(FSC® / imprimeur labellisé Imprim’ Vert®).


© Philippe Dupont-Mouchet, 2017.

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